sam-szafran-escalier-variation-iDescendre les escaliers de l'immeuble pieds nus, pieds nus sur la pierre froide et polie. C'est l'été, et je regarde mes pieds sur chaque marche, en pensant à ma grand-mère qui dirait si elle me voyait faire : "bohémienne aux grands yeux noirs", comme quand j'arrivais chez elle avec une grande jupe noire qu'elle n'aimait pas.

C'est l'été et je suis encore un peu chez moi dans le vieil escalier de ce vieil immeuble. Je connais l'odeur des appartements des voisins, ils savent à quelle heure mes enfants partent à l'école. C'est un presque-jardin de brique et de pierres, un jardin clandestin où les mini-Sidis vont parfois chasser les araignées et arroser des plantations souffreteuses.