Ceci dit

17 mai 2012

Cuisine nouvelle

MicroSidi joue à la dinette.

- Maman, tu veux de la compote ?

- Oh, oui !

- Tu veux de la compote de pomme ou de la compote de pizza ?

Posté par CeSidi à 11:37 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


12 mai 2012

Saint Antoine de Padoue

- Pisderman, c'est l'heure d'emmener MilliSidi à l'anniversaire de sa copine, mais là je fais têter NanoSidi, donc tu peux y aller ?

- OK mais je sais pas l'adresse. Elle est où, l'invitation ?

- (in petto) Dans ton cul. (in pas petto) Ben je sais pas, cherche.

 

30 secondes plus tard.

- Non mais là je la trouve pas. Tu l'as mise où ? C'est toi qui l'avais !

- Mais j'en sais rien, moi. CHER-CHE. Tu ouvres les yeux et tu utilises tes mains.

 

15 secondes plus tard.

- Bon, ça fait chier, tu as qu'à la chercher.

- (in pétard) Mais bordel, tu peux pas chercher pendant plus de 30 secondes, non ? C'est toujours pareil, tu cherches en priant Dieu de ne pas trouv...

- Non mais c'est quand même pas de ma faute si tu sais pas où tu mets les trucs !

 

Je pose NanoSidi qui apprécie moyennement l'interruption momentanée du service - tétée, je me lève, je cherche. Hum. Concentration, visualisation du papier la dernière fois que je l'ai eu en main ; j'étais devant le frigo. J'ouvre le frigo.

- Ah ben évidemment si tu l'as mis au frigo, je risquais pas de trouver.

Rien au frigo. Rien dans le chariot de courses. Rien sous le canapé.

Petite prière à Saint Antoine de Padoue *.

 

Pris de remords, Pisderman se remet à chercher.

- Ah, ça y est, j'ai trouvé.

- C'était où ?

- Aimanté sur la porte d'entrée.

- Ah ben c'est pas moi qui l'ai mis là.

- Non mais tu rigoles ? C'est pas moi non plus.

- MAIS BIEN SUR. SI JE TE DIS QUE C'EST PAS MOI.

- NON MAIS TU COMMENCES A ME GONFLER, SI JE TE DIS QUE C'EST PAS MOI.

 

Et là, le mètre vingt de MilliSidi lève le nez.

- Euh mais c'est moi qui l'ai mis là.

- (en choeur) Ah bon ? Mais pourquoi tu nous l'as pas dit ?

- Ben, je voulais vous le dire, mais comme vous étiez en train de vous fâcher, vous m'auriez pas entendue.

 

 

* oui parce que ma mère elle dit toujours "Saint Antoine de Padoue, rendez ce qui n'est pas à vous".

 

 

 

 

 

Posté par CeSidi à 17:47 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
05 mai 2012

Pain noir

C'était prévu : je vais manger mon pain noir pendant les 9 semaines de classe qui nous séparent des vacances. Enfin, pendant les 4 semaines de 2 jours et les 5 semaines de 3 jours qui me séparent des vacances...

Oui mais bon, même 2 jours par semaine, le mioche Medhi qui hurle toutes les 10 minutes qu'on lui a piqué son stylo, c'est pénible. Surtout quand ça s'intercale entre un pain de Saïd dans la tronche à Oussef, et un pain d'Oussef dans la tronche à Saïd. Sachant qu'Oussef et Saïd sont séparés par 20 mètres et 10 bureaux, ça laisse rêveur sur le temps qu'ils passent les fesses sur leur chaise.

C'est pénible, oui, mais ce n'est pas tellement ça qui me pose problème. Après tout, le fait qu'ils réagissent comme des gamins de Grande Section alors qu'ils sont en CE1 n'est pas dramatique, ni pathologique.

Ce qui me pose problème, c'est que je ne sais pas comment réagir.

Je veux dire, quand mes enfants à moi sont pénibles - et c'est fréquent -, ça me remet rarement en question. Je gronde, ou je les laisse hurler, ou je les punis, mais en général j'ai plusieurs solutions acceptables sous la main. Des solutions qui ne me paraissent pas humiliantes, et qui sont cohérentes avec ma manière de les élever.

A l'école, c'est différent. Le nombre de gamins et la nécessité de s'occuper du groupe avant de s'occuper de chaque élève font que je réagis souvent dans l'urgence, à chaud, et sans réussir à prendre assez de recul. Alors je crie, j'attrape les élèves pour les remettre dans le rang, je les colle dans le couloir...au bout de 3 jours de classe. Non seulement c'est complètement inutile parce qu'ils ont tellement l'habitude de se faire gueuler dessus que ça ne leur fait ni chaud ni froid, mais en plus je me ferais crucifier si un inspecteur me voyait faire.

Bref, il va falloir trouver autre chose.

Et d'ici là, finir mon pain noir.

Posté par CeSidi à 16:17 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
27 avril 2012

Séance de musique

Assise dans un coin de la salle de musique, je regarde mes élèves travailler avec l'intervenante.

En début de séance, elle leur montre la photo d'un clavecin. "Alors, le clavecin, c'est un instrument de la famille des cordes pincées.".

Un plus tard, elle ressort la photo  :

"- Qui se souvient du nom de cet instrument ?

- Le cordapin."

Posté par CeSidi à 16:26 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
18 avril 2012

Le marronnier du platane

L'arrivée du printemps, des bourgeons et des piafs constitue, avec la liste des mots-clés débiles dans Google, un marronnier de blog : le sujet qui revient périodiquement et dont on ne se lasse pas. Non, non, on ne s'en lasse pas, j'ai dit.

Alors figurez-vous que devant mes fenêtres de citadine, il y a des platanes. Et qu'il y a-t-il dans les branches du platane de ma cuisine ? Un nid in progress, diligemment construit par une pie, ce qui est autrement plus classe qu'un nid de pigeon.

Alors, si Dieu existe et qu'il lit ce blog, j'en profite pour lui signaler que je ne préfèrerais pas être réincarnée en pie, vu qu'avec un bec et deux pattes, je risque de mettre un certain temps à me fabriquer un nid avec mezzanine. Surtout s'il faut, comme l'a fait remarquer MilliSidi, une pièce spéciale pour mettre ma queue de pie.

 

Posté par CeSidi à 21:44 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


16 avril 2012

Adaptation

Retour au presque travail aujourd'hui : les trois filles ont passé la journée chez la nounou, et moi j'ai travaillé pour préparer la rentrée.

La préparation des 11 semaines de classe à venir n'avance pas vite, mais elle avance quand même. Malgré le stress qui monte, c'est un des moments que je préfère dans ce métier, pour le moment du moins : prendre le temps de réfléchir à la meilleure manière de faire, chercher une idée qui me plait, une méthode cohérente.

Je suis aussi passée à l'école (la mienne), pas très longtemps, mais suffisamment pour exhumer des tas de photocopies jamais distribuées et des cahiers dans lesquels rien n'a été collé depuis le début de l'année. Dans un sens, ça me rassure un peu sur ma propre compétence à faire ce métier...

 

En fin de journée, j'ai récupéré les filles. NanoSidi s'est mise à hurler quand elle m'a vue, et ça a duré une bonne demi-heure. Et puis MicroSidi y est allée de son caprice, et MilliSidi de sa négociation. Pisderman n'étant pas là ce soir, j'ai dû tout gérer à la fois : les bains, le biberon à faire réchauffer, le repas, les menaces de mise en orbite pour cause de lenteur excessive, ou de 25e pipi après l'heure réglementaire. Ce n'est d'ailleurs pas fini, je les entends qui discutent.

J'ai pas été cool, j'ai fait la gueule et j'ai crié pour rien. Je culpabilise même pas, je suis de trop mauvaise humeur pour culpabiliser. Ce qui m'évite d'ailleurs de culpabiliser d'être de mauvaise humeur.

Posté par CeSidi à 21:43 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
14 avril 2012

Occasion manquée

Le problème quand on a une NanoSidi qui a fait ses nuits à 2 mois 1/2, c'est qu'on peut même pas se plaindre quand elle se réveille à 4 h du matin pendant les vacances. JE NE ME PLAINS PAS, JE BLOGUE.

Posté par CeSidi à 12:44 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
11 avril 2012

Brèves de bourrique

La SidiCompagnie est en vacances cette semaine, dans ce qui est en passe de devenir une de ses spécialités : le gîte sans porte. Mais là n'est pas la question pour aujourd'hui.
Aujourd'hui, la question était de louer un âne, ce qui fut accompli avec succès, et pas sans philosophie :

(MilliSidi) - Dis papa c'est quoi un militaire ?
- Ben c'est un soldat. Il doit obéir au chef de l'Etat : si on lui dit de faire la guerre, il la fait. D'ailleurs c'est pour ça que c'est pas très marrant d'être militaire, parce qu'on fait pas ce qu'on veut.
- Mais sauf la nuit, on fait ce qu'on veut.

(Pisderman) - Tu vois, les militaires, ils obéissent au président de la République comme l'âne nous obéit à nous.
(MilliSidi toujours) - Papa, toi tu es le président de la République des ânes !

(moi) - C'est un peu plus difficile pour moi de diriger l'âne parce que je suis plus petite que Papa.
(MicroSidi) - Toi, tu es plus petite et Papa il est plus grand, et Papa il peut pas te faire de bisous sur la bouche, il te fait des bisous sur la tête !

Posté par CeSidi à 17:54 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
06 avril 2012

Eva Joly fait 2% dans les sondages,

c'est-à-dire dire que 98% de mes compatriotes âgés de plus de 18 ans - soit quand même 4,8 millions de personnes - me pardonnent d'avoir pris un bain hier soir.

Posté par CeSidi à 21:55 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
04 avril 2012

Sidi tourne en canard

Dans mon métier d'avant, il y avait des pompes qui prenaient de l'eau dans un trou et l'envoyaient dans des tuyaux. Quand une pompe se mettait à mal marcher et à renvoyer l'eau dans le trou où elle l'avait prise, on disait qu'elle tournait en canard.

La reprise du travail approche, NanoSidi est en semaine d'adaptation chez la nounou, et moi je tourne en canard.

 

A chaque angoisse, un pansement :

- "j'ai peur des élèves" >> ils ont 8 ans.

- "je ne sais pas ce que je vais leur faire faire" >> souviens-toi, l'année dernière, tu étais remplaçante, et tu as bien réussi à les occuper.

- "Pisderman est en déplacement pour mon premier jour de travail" >> tu serreras les dents et ça passera, le mardi soir finira par arriver.

- "est-ce que je vais arriver à tirer suffisamment de lait pour allaiter NanoSidi aussi longtemps que j'en aurai envie ?" >> ça a marché avec MicroSidi, pourquoi pas cette fois-ci ?

- "est-ce que la nounou va bien s'occuper de NanoSidi ?" >> MilliSidi et MicroSidi sont contentes d'aller chez elle, ça se passera bien. Tu avais eu peur aussi pour les deux autres. Cette nounou, comme les précédentes, ne deviendra une sainte que lorsqu'elle arrêtera de garder tes enfants.

 

Mais aussitôt le pansement posé, la peur revient ; la même, ou la suivante.

 

Il n'y a rien à y faire, je sais que ça ira mieux quand j'aurai vraiment recommencé. Mais être au bord du plongeoir, c'est vraiment le moment que je déteste le plus.

Posté par CeSidi à 13:43 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]